25.05.2006
Indigènes, de Rachid Bouchareb
Projection officielle du jeudi 25 mai à 8h30

Avouons le avant que ça ne devienne impossible : on est assez sidéré par la faible ambition artistique d'Indigènes, un film bien plus télégénique que cinématographique, et qui n'a de raisons d'être en compétition que pour bénéficier de l'effet médiatique inhérent à l'évènement. Rachid Bouchareb aborde en effet un sujet, sinon tabou, du moins méconnu de notre histoire nationale : l'engagement des soldats africains que l'on "sacrifiait" systématiquement en première ligne pour bouter les Allemands hors de France. Son film s'intéresse au destin de quatre d'entre eux, incarnés par les (rares) Beurs devenus stars : Jamel Debbouze, Samy Nacéri, Roschdy Zem et Sami Bouajila. Ne nous inquiétons pas pour eux, ils remplissent parfaitement leur mission de porte drapeau d'une cause gagnée d'avance : celle de la reconnaissance historique. Ils le disent, et on les croit : "La seule chose qui soit importante, c'est d'être là aujourd'hui pour dire qu'on a élargi l'histoire de France." On regrettera juste que le film oublie d'inventer une forme qui pourrait rendre cette histoire passionnante. Mais voilà, l'objectif d'une telle démarche, dont on reconnaît qu'elle n'a pas du être simple à mettre en oeuvre, est de toucher le plus large public possible -à commencer par les descendants d'émigrés des anciennes colonies - plutôt que les cinéphiles en quête d'émotion forte.
Une réplique : "Je jette une grenade, je tue l'Allemagne et je libère mon pays, même si ce pays, je ne l'avais jamais vu avant."
Un pronostic : Un Sept d'or. "Un prix ? Elle n'est pas là, notre bagarre, rétorque Jamel Debbouze. Là où on s'est battu comme des lions, c'est pour sortir ce film de terre."
Une note : 2/5
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20.05.2006
Selon Charlie, de Nicole Garcia

Projection officielle du samedi 20 mai à 8h30
Jean-Pierre Bacri est le maire désabusé d'un village de Normandie où Vincent Lindon trompe sa femme et prend son fils, Charlie, comme témoin de cet adultère, où Benoît Magimel enseigne les sciences naturelles au collège après avoir tiré un trait sur une brillante carrière de chercheur, où Benoît Poelvoorde vit de petits boulots et d'escroqueries...
Tout ce beau monde va se croiser à défaut de réellement se trouver...
La presse étrangère risque une nouvelle fois de se déchaîner contre ce film français qui fait trop souvent rimer polyphonie avec cacophonie. Le scénario est ambitieux, mais peine à convaincre du fait de sa complexité. Et la réalisation aurait nécessité d'être tenue d'une main de fer, or tout se délite progressivement et en dehors d'un ou deux personnages bien campés (le prof interprété avec sobriété par Magimel notamment), Selon Charlie n'échappe pas au cabotinage un rien dépressif de ses acteurs.
Même la conférence de presse s'est déroulée samedi dans un climat neurasthénique : Jean-Pierre Bacri n'a pas moufté et Benoît Poelvoorde s'époumonait tout seul, sans parvenir à faire rire, c'est dire.
Une réplique : "Séverine, comme il faut savoir arrêter une grève... je crois qu'on va arrêter de se voir."
Un pronostic : guère flatteur...
Une note : 2/5
16:15 Publié dans 2/5 | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
18.05.2006
Fast food nation, de Richard Linklater

Projection de presse du jeudi 18 mai à 17h
« Un hambourger, c'est de la viande, du gras et de la merde. » C'est, de manière très crue -ou trop cuite- ce que prétend Fast food nation, film-patchwork où Richard Linklater entremêle le destin de travailleurs clandestins mexicains, d'employés américains tout aussi exploités, d'un ingénieur naïf et de jeunes écologistes idéalistes. Objectif : dénoncer tous les rouages de la chaîne de fabrication des hamburgers d'une société de restauration rapide.
Entre documentaire et fiction, et en écho au récent Super size me présenté à Cannes il y a deux ans, cette dénonciation un peu trop didactique tente de faire oeuvre utile en donnant à réfléchir sur des sujets aussi importants que l'exploitation sociale ou la « malbouffe ». Dommage que le film enfonce des portes déjà entre-ouvertes et que des platitudes de mise en scène affadissent une thèse à laquelle il est par ailleurs difficile de ne pas adhérer.
Une réplique : "Vous comprenez ce que je veux dire ? - Pas exactement. - Il y a de la merde dans la viande !"
Un pronostic : guère optimiste pour ce film dont les intentions promettait un résultat plus savoureux...
Une note : 2/5
23:50 Publié dans 2/5 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Le Vent se lève, de Ken Loach

Projection officielle du jeudi 18 mai à 8h30 du matin.
Onze ans après Land and Freedom, revoici Ken Loach sur la Croisette avec une fresque historique, évoquant cette fois l'oppression de la population irlandaise par l'armée d'occupation anglaise au début des années 1920. Avec ce nouveau film, Le vent se lève, le cinéaste britannique s'adresse clairement au gouvernement de son pays, coupable, selon lui, de « s'être engagé dans une guerre illicite et indéfendable » aux côtés des Américains en Irak.
Mais au-delà de ce passé récent, Ken Loach rappelle que l'Irlande fut « la première des colonies anglaises » et entend raviver le souvenir d'un épisode peu glorieux de l'histoire de la Grande-Bretagne, tout en pointant les dilemmes humains et les rivalités entre ceux qui ont lutté ensemble, une fois l'occupant bouté hors d'Irlande. Le film se révèle historiquement passionnant et raconte une histoire qui aurait pu l'être tout autant. Mais un peu plus de nuances dans les traits des personnages n'aurait pas desservi un scénario un peu trop évident et qui peine à susciter une réelle émotion.
Une réplique : "C'est notre message au monde entier : si les Anglais viennent ici avec leurs barbaries, on leur répondra avec le même genre de barbaries."
Un pronostic : malgré ses bonnes intentions, il serait étonnant que ce film se retrouve au palmarès, dans quelque catégorie que ce soit.
Une note : 2/5
Stéphane Leblanc
15:00 Publié dans 2/5 | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
17.05.2006
Summer Palace, de Lou Ye

Projection de presse du mercredi 17 mai à 19h
Une étudiante cherche le grand amour, le trouve, le jette et le regrette toute sa vie. Voici résumé Summer Palace, du Chinois Lou Ye qui évoque, au passage, le vent de liberté qui souffle depuis les évènements de Tian An Men, sur la jeunesse de son pays. Un film qui marque par sa durée : 2h20. Trop long pour relater une simple histoire d'amour, mais trop court aussi pour la faire ainsi courir sur vingt ans.
Pour amadouer un comité de censure qui a refusé de donner son approbation au film, officiellement « à cause de la mauvaise qualité de la copie », mais plus sûrement en raison de scènes de sexe pour le moins explicites, le cinéaste s'est dit prêt à couper tout ce que la censure lui demanderait.
Une réplique : "J'ai su dès qu'on s'est vu qu'on était du même côté du monde."
Une autre : "Je veux te quitter. -Pourquoi ? -Je ne peux pas me passer de toi."
Un pronostic : On peut imaginer un (petit) prix du jury, histoire de marquer le coup en faveur des libertés que prend le cinéaste dans un pays qui ne les attend pas.
Une note : 2/5
Stéphane Leblanc
23:25 Publié dans 2/5 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note











