16.05.2006
Wong Kar-wai, l'homme à séduire
Qui se cache derrière ces lunettes noires ? Un homme discret, modeste et obsessionnel, bien moins glamour que ses films ne le laissent supposer. Du Festival de Cannes, Wong Kar-wai connaît moins les paillettes que la solitude de celui qui, en 2000, remontait inlassablement In the Mood for Love. Et l'angoisse d'avoir dû laisser passer la première projection de 2046 il y a deux ans, car le film n'était pas prêt.
A contrario, ce réalisateur, qui prévenait les journalistes trop confiants que, « non, [il] ne recevrait pas, cette fois non plus, la Palme d'or », ne s'est jamais offusqué d'être passé à côté de récompenses que certains lui attribuaient d'avance. Ne nous confiait-il pas l'an dernier que « la satisfaction du travail bien fait l'emporte toujours sur les honneurs qui en découlent » ? A raison : le seul prix d'interprétation pour Tony Leung en mai 2000 n'a pas empêché In the Mood for Love de connaître un succès et de rendre le style du cinéaste reconnaissable entre tous. Au petit jeu (dangereux) des pronostics, avançons que son goût pour les univers esthétiques, mélancoliques et fulgurants place quelques films au-dessus du lot : Volver et Babel, puis Les Climats et Marie- Antoinette... Mais attention : de Rosetta, primé par David Cronenberg en 1999, à L'Enfant récompensé l'an dernier par Emir Kusturica, sans oublier Fahrenheit 9/11 plébiscité par Quentin Tarantino en 2004, les Palmes d'or ne ressemblent que rarement aux films des présidents du jury.
Stéphane Leblanc
08:45 Publié dans Jury | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note












Commentaires
Waw, félicitations pour votre billet, je vous remercie pour ces astuces, et notez en premier lieu que je "plussoie" pleinement cette positon. J'insiste, oui votre article est vraiment excellent, je viens à l'instant de découvrir votre blog et l'ai complètement dévoré. Je vais avoir besoin d'un peu de temps pour bien assimiler le tout.
Écrit par : hotel cannes | 19.10.2010
Écrire un commentaire